' Il faut que je vous fasse un aveu : longtemps je ne vous ai pas aimée. Longtemps je n'ai pas aimé vos soeurs. Un ciel délivré des ombres, c'était l'horreur pour moi. Je n'appréciais que les temps gris, et cela en raison de la mélancolie en moi, de l'insecte de mélancolie qui cheminait en moi comme dans une souche creuse, vermoulue. C'est une maladie qui affecte l'esprit d'autant plus sûrement qu'il craint alors de s'en défaire : le mélancolique est celui qui est persuadée d'avoir tout perdu-sauf sa mélancolie à quoi il tient farouchement. C'est la maladie de celui qui, dépité de n'être pas tout, choisit par un revers enfantin de l'orgueil de n'être rien, ne gardant du monde que ce qui lui ressemble : le morne et le pluvieux. Cette maladie m'est passée, madame. Je ne sais trop comment, mais elle m'est passée. Aujourd'hui, je sais vous aimer, et si je goûte toujours les ciels gris, c'est d'une manière plus calme : je les aime parce qu'ils sont non parce qu'ils confirmeraient une catastrophe éprouvée au-dedans de mon esprit '.
extrait de l'inespérée
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Gepost op dinsdag 12 juni 2007, 12u19
Gewijzigd op dinsdag 12 juni 2007, 12u50